Yvon Taillandier Accueil
Oeuvres Biographie Ecrits Actualités Revue de presse Contact
Actualites
Écrits

> POEMES

01 janvier 2009 - 01 janvier 2020

Je peins pour faire partager aux autres le plaisir que j'éprouve à la simple action de regarder et de voir. Comme mon ami Giacometti, je me suis aperçu que le travail qui consiste à créer une image, peinte, sculptée ou dessinée améliorait considérablement la faculté de vision.
Telle est une des raisons pour lesquelles je m'adonne à la peinture. Une autre raison est qu'elle me permet de satisfaiure la passion que j'éprouve pour le dessin. La couleur, qu'on appose souvent au dessin, m'est logntemps apparue comme une chose que Gauguin qualifiait de "mystérieuse" et qu'il fallait -disait-il, "utiliser mystérieusement". Toutefois, je ne partazge plus cette opinion.Je me contente de constater que la couleur solidifie les lignes qui, sans elles, slont d'une extrême fragilité. Or le graphisme me permet de donner forme à des personnages que j'invente et que je qualifie de "progressifs". très simples à certains endroits, ils se compliquent et s'élargissent jusqu'à occuper et animer toute la surface de la toile, n'y laissant que des vides très réduits. J'ai opté pour des couleurs simples, pures et gaies, parce que mes tableaux, si chargés qu'ils semblent parfois, refusent de paraitre lourds et se veulent des "chants joyeux", voire des hymnes à la joie !
Je voudrais qu'ils disent aux spectateurs ;"nous vous aimons... et la vie que nous vous montrons mérite d'être véc ue avec ingéniosité et allégresse !".

......................................................................................................................
Tous les fleuves remontent à leur source
en passant par la mer, le ciel et la terre.
1978
......................................................................................................................
La nuit ne finit pas au premier jour
autant de jours, autant de nuits.

Les nuits séparent les jours,
les jours séparent les nuits.

Le dernier jour est-il plus court ?
Le dernier jour est-il plus long
Que tous les jours de la vie ?

Tous les jours sont plus courts
que la dernière nuit.
1978
...................................................................................................



1951
La poèsie est une musique d'idées - le mystère est dans le chant.
................................
Je me finis sans cesse et me recommence-
Ne suis-je pas infini ? Je me continue -
Ceci est beau qui le reflète.
..................................
Le passé et le futur, quand ils s'opposent au présent, se ressemblent !
...........................
Ce que nous fîmes est le double de ce que nous sommes
Cet autre que moi qui m'attrape, c'est moi-même
Je reçois mon propre coup.
.............................................
Tel est le malheur des hommes qu'ils ne peuvent concevoir de bonheur sans malheur.
Ce n'est pas une autre vérité que le masochisme exprime.
.............................................
Dans la plaine, l'huminité du fleuve nourrit d'interminables prairies où vont paître d'innombrables troupeaux. Mais, pendant qu'à l'extrémité de la plaine, le fleuve, à son embouchure, se jette dans la mer - pendant que le fleuve finit, sa source jaillit de la montagne, et le fleuve commence.
Le fleuve naît et meurt en même temps. Fleuve éphémère, tu vis moins longtemps que les fleurs qui se multiplient sur tes rives.
Fleuve, tu n'existes pas dans le temps.
Des milliers de fleurs, des millions d'herbes te doivent la vie
Mais ton immensité liquide n'appartient qu'à l'espace.
Sitôt né, sitôt mort !

.......................
(variante)
A midi, la source du fleuve jaillit de la montagne
A midi, le fleuve coule dans la vallée
A midi, le fleuve se jette dans la mer.

....................................................
J'étais content - Pourquoi ?
Mes ennemis avaient eu peur.
Pourquoi?
Mon chien s'était mis à rire en les voyant !

.............................................
Je suis ton double bien aimé:
le double tranchant de l'épée
ou bien te tue, ou me tue.

Dois-je ma force à mon courage,
ou mon courage à ma force ?

Le double tranchant de ce glaive
fait ma perte et mon salut.

.....................................................

REFLETS
Le reflet de la main droite, c'est la main gauche.
L'oeil droit reflète l'oeil gauche;
l'oreille gauche et l'oreille droite se font écho;
et le pied gauche répond au pied droit.

La terre et l'eau sont des miroirs.
Les arbres du bord des lacs se reflètent dans l'eau.
Dans la terre des arbres de la paline se reflètent:
les racines est le nom de ces reflets.

Les fondations sont les reflets des maisons;

Les vieillards se voeint dans les enfants.
Les hommes se dévisagent dans les regards des femmes.

..............................................................

La ville est emprisonnée dans les remparts.
Entre les remparts les maisons sont prisonnières.
Entre les maisons, les prisons sont exemplaires :
prisonnières emprisonnant,
les prisons sont prisonnières.


variante:

Habitants habités

L'habit est la maison du corps-
Le corps est la maison de l'esprit
L'esprit est la maison du monde.

Les villes habitent le monde,
Les prisons habitent les villes
et les prisonniers, les prisons.

Les prisons sont exemplaires :
contenant et contenues,
les prisons sont prisonnières.

...........................................................

La nuit ne finit pas au premier jour.
Autant de jours, autant de nuits.
les nuits séparent les jours.
Les jours sépraent les nuits.

Le dernier jour est-il plus court?
Le dernier jour est-il plus long
que tous les jours de la vie ?
Tous les jours sont plus courts
que la dernière nuit.


..........................................

L'ami du voyageur
est l'hotelier
L'hôtelier ne fait
aucun voyage.
Mais l'hotelier
tous les jours
salut un nouveau monde


..........................................................

LIBERTE

Le ciel est un lac où les nuages sont enfermés;
Le ciel est enfermé dans le paysage.
Le paysage est enfermé dans l'horizon-
Mais l'horizon ne retient pas les nuages.


........................................

Immoblies et Mobiles

Les toits sont immobiles.
Au-dessus des toits,
les oiseaux volent.

Au dessus des nuages qui volent,
les nuages bougent.

Au dessus des nuages qui bougent,
le bleu du ciel est immobile.

Dans le bleu du ciel
le soleil court.

Au dessus du soleil qui court,
il y a le ciel noir de la nuit.

Dans le ciel noir de la nuit,
les étoiles passent.

Mais le ciel noir est immobile.

Quand l'immobile
devient mobile,

quand le bleu disparait,
quand le noir le remplace,
quand la nuit descend,

sous les étoiles qui passent,
les toits sont immobiles.

.................................................

Souvenir de Voyage

Ai-je parlé de cette place
qui, dans cette ville,
est en forme de coquillage ?

Quand on met l'oreille sur le sol,
on entend le bruit de la mer.


...............................

Quatre souvenirs et un oubli

Le vieillard se souvient de l'adulte.
L'adulte se souvient du jeune homme.
Le jeune homme se souvient de l'adolescent.
L'adolescent se souvient de l'enfant.


Mais l'enfant ne se souvient de personne.

..................................


YVON TAILLANDIER


. . . . . . . .
bas

© Yvon Taillandier. Tous droits réservés