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exposition du 10 avril au 19 Mai 2018

10 avril 2018
Galerie GNG art contemporain 3, rue Visconti Paris (6è) - www.galeriegng.com - galeriegng@wanadoo.fr - 01 43 26 64 71 - lire l'article d'Anne-Laure Peressin (l'Officiel galeries et musées n° 88 Mai/Juin 2018)

Article d'Anne-Laure Peressin (l'Officiel galeries et musées n° 88 - Mai / Juin 2018)

J'écris ton nom : "TAILLANDIER"

L'exposition présentée à la galerie Gilles Naudin revêt depuis peu une autre dimension. Originellement planifiée et pensée avant le 3 mars 2018, elle résonne aujourd'hui comme un hommage rendu par le galeriste à son feu ami et artiste Yvon Taillandier, plus encore, elle signe une révérence à la liberté.

"Je suis un homme âgée maintenant mais j'ai été longtemps un homme trop jeune. Quand j'ai fait ma première exposition j'avais 15 ans et on disait "cet homme est tellement jeune qu'on a peur de dire qu'il a du génie"; Mais maintenant je suis sûr que j'en ai", confiait Yvon Taillandier il y a plus de deux, à l'occasion d'une de ses expositions à la galerie Gilles Naudin.

"Du génie". Nous n'avons plus peur de le dire aujourd'hui. Oui, Yvon Taillandier avait du génie. Son univers ingénu a toujours été préservé grâce à son âme d'enfant et sa facilité à cultiver l'innocence.

Cette simplicité ne laisse point présumer la riche carrière d'un homme tour à tour romancier, critique d'art, historien d'art, secrétaire du Salon de mai pendant plus de quarante ans, consultant à l'Unesco, militant pour la paix, ou bien encore, grand collectionneur d'art populaire et globe-trotter invétéré.

S'il consacre sa plume, dès les années 1950, à la rédaction de monographies (de Joan Miro à Auguste Rodin, en passant par Cézanne, Claude Monet...) ou d'articles pour Connaissance des arts et la revue XXè sicèle, il préfère reprendre son pinceau dans les années 1970. Et par "reprendre son pinceau" il faut comprendre sa liberté.

Car pour Yvon taillandier, peindre est un acte libératoire et joyeux. En témoignent ses drôles de personnages totémiques, toujours profilés d'un seul trait, qui semblent continuellement s"'amuser et vivre en parfaire harmonie au pays truculent du Taillandier-Land. Identifiables au premier regard, les Taillandier-landais(es) s'occupent à conduire des machines infernales, à dégorger des parades festives de leur bouche ou tout simplement à sourire avec sérénité.

Tous n'ont pas le même nombre de bras, de jambes ou de têtes, mais tous fusionnent par un lien unificateur, si bien qu'ils ne forment qu'un être labyrinthique.

A la peinture à l'huile ou au feutre sur carton, toiles, papiers journaux, vêtements, meubles ou objets, Yvon taillandier figurait son bestiaire de manière spontanée, en ayant pour seul repère et limite son imagination. Les couleurs de sa palette, restreintes mais vives, et sans jamais de noir, venaient "solidifier les lignes qui sans elles sont d'une extrême fragilité" écrivait-il en 1992.

Son monde s'inventait par lui-même, dans une perpétuelle expansion, au fur et à mesure que l'artiste l'édifiait. Point de perspective, encore moins de recherche de la mimésis, Yvon Taillandier prônait ce qu'il appelait la "Figuration Libre", où spectateur et artiste devaient se sentir libre de voir, de lire, de faire ou de comprendre l'art avec leur propre sensibilité.

A l'instar de Paul Eluard, le poète Yvon Taillandier semble avoir été né pour écrire son nom, mais plus encore pour la vivre : "Liberté".

Anne-Laure Peressin









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