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> la biennale 109 à PARIS
du 20 au 25 mars 2018

20 mars 2018
Espace Bastille Design Center, 74 Boulevard Richard Lenoir à Paris (11ème)

Yvon Taillandier expose à la Biennale 109 qui se tiendra du 20 au 25 mars à l'Espace Bastille Design Center, 74 Boulevard Richard Lenoir à Paris (11è).

Yvon Taillandier est né à Paris en 1926. Il vit aujourd'hui en Avignon, il a 91 ans.

Il arrive à Lyon à l'âge de 9 ans et révèle très tôt des talents de dessinateur. Il expose ses premiers portraits en 1942 à la galerie « l’Art Français » à Lyon. Il n’a que 16 ans.

Il ne fait pas d'étude supérieure, ni d'école d'art. C’est un autodidacte ; il apprend surtout de ses contacts avec le milieu intellectuel et artistique dans lequel il évolue (galeristes, critiques d’art ,…). Il s'initie ainsi au dessin, à l'histoire de l'art et au goût pour la peinture ancienne.

A cette période il acquière la présence des lignes qui dominera dans ses œuvres ultérieures.

Il est cependant plutôt attiré par l'écrit. De retour à Paris à l'âge de 19 ans, il s'intéresse plus particulièrement à la critique d’art et se plonge dans l’histoire de l’art.

Il rencontre Braque en 1945, commence son premier roman en 1946 (les voyageurs involontaires), rédige des contes et poèmes qu'il publiera par la suite.

Il rencontre Derain en 1948, et est nommé Secrétaire du Comité du Salon de Mai en 1949 et le restera jusqu'en 1968.

Le salon de Mai regroupe des artistes autour du critique d’art Gaston Diehl pour faire découvrir les nouveaux talents; Parmi eux, Miro, Giacometti, Pignon,…

Ainsi, Yvon Taillandier va être en contact avec les plus grands peintres d’art moderne de son temps. Nous avons déjà évoqué sa rencontre avec Braque (1945), Derain (1948), il rencontre également Picasso (1951), Giacometti (1952), Miro (1958), Calder, Soulages, Pignon, Moro, Laurens...

Le Salon de Mai se tiendra essentiellement à Paris, au Palais de Tokyo, avant que les travaux d'aménagement du Musée d'art moderne de la Ville de Paris.

Comme critique d'art, Yvon Taillandier collabore à la revue Connaissance des arts de 1953 à 1968 et à la revue XXè siècle.

Comme historien de l’art, il publie de très nombreux articles et ouvrages consacrés à Giotto, Monet, Rodin, Gauguin, Cézanne,…(collection Flammarion) ;

Yvon Taillandier va notamment s'attacher à l'histoire de l'art moderne dont il publiera un ouvrage important : « Les naissances de la peinture moderne – histoire de la peinture inventive de Ingres au tachisme » (édit° Flammarion) ;

Il publiera en 1961 « le voyage de l'oeil », parcours d'un néophyte qui découvre la peinture abstraite, livre dans lequel sa vision artistique se conceptualise.

C’est au cours de cette période que s’élabore son inspiration de peintre : « j’ai constaté que les tableaux sont vus et lus, que ces deux opérations sont contradictoires et qu’il s’agit de les concilier ».

De ses échanges avec les maîtres de l'art moderne, je citerais en exemple un entretien avec Giacometti qu'Yvon Taillandier recevait chez lui :

De la fenêtre, Giacometti et Taillandier voient passer une femme en robe vert clair traversant une étendue herbeuse de couleur vert foncé.
Giacometti dit : « si elle avait porté une robe rouge nous ne l'aurions pas vue ».

Ainsi s'engage entre eux un échange sur la hiérarchie des moyens picturaux et la prédominance du mouvement, qui attire le regard, sur le contraste des couleurs. Ainsi, Yvon Taillandier s'imprègne de ses débats avec les artistes de son temps.

Il développe une réflexion sur la liberté de lecture que donne le tableau.
« Les impressionnistes se sont débarrassés du clair-obscur, les expressionnistes ont fait fi de l’anatomie classique, les cubistes de la perspective, les surréalistes ont rejeté le carcan du rationalisme et de la logique, enfin les abstraits ont éliminé la contrainte du sujet ».

« Les abstraits prétendaient que figurer c’était emprisonner et paralyser la faculté d’invention ». Par sa conception figurative et narrative, Yvon Taillandier a la volonté d’inscrire son œuvre dans un courant qui va traverser la peinture moderne, visant à dépasser l’abstraction, qui s’intitulera « la figuration libre ».

C’est ainsi qu’il élabore son propre style ; son œuvre donne autant à voir qu’à lire, en créant un lexique figuratif, un monde imaginaire, « le Taillandier-land », peuplé de personnages à l’anatomie folle, reliés entre eux par des « tubes », porteur ou enveloppant, qui inspirent « un sentiment d’ingéniosité, voire d’astuce et de délectation ».

Yvon Taillandier nomme son style : « figuration libératrice », le spectateur devant « se sentir libre autant que l’artiste, et même plus que lui ».

Nous sommes en 1970, et Yvon Taillandier décide de se consacrer entièrement à la peinture. Il a cessé sa collaboration avec « connaissance des arts » depuis 2 ans.

Il crée sur tous types de supports : toiles, cartons, papiers, journaux, bois, vêtements, murs, meubles, valises, poteries, livres, bannières, automobiles, peintures murales pour des établissements publics…

Artiste engagé, il s’exprime sur les mouvements qui traversent la seconde moitié du XXè siècle : la décolonisation, contre l’apartheid, pour la paix, en faveur des droits de l’homme… ;

Sa vision volontariste et radicale, touche au merveilleux, au poétique, au politique, au fantasme.

Le monde imaginaire d’Yvon Taillandier nous est-il si éloigné ? qu’évoquent pour nous aujourd’hui ces étonnants personnages « aux organes multipliés, polycéphales, polybrachiens, polytroncs, polypèdes » ?

Yvon Taillandier nous explique que « loin de diviser, les tubes unissent et rassemblent ». C’est donc à un monde connecté que nous renvoie l’artiste, vision prémonitoire d’un univers peuplé d’internautes avant l’heure, reliés entre eux sur la toile, au sens propre comme au sens figuré.

Ainsi connectés, ces piétons, cyclistes, automobilistes ou aviateurs « à belle contenance » et parfois « à la tête hypertrophiée » en tirent leur énergie vitale, leur activité, leur ingéniosité, qu’ils développent au sein de systèmes ou d’organismes complexes, sortes de PME ou de start-up, qui composent le Taillandier-land.

Son oeuvre est le reflet d’une vision positive du progrès et de la société qui le porte, même s’il n’en exclut pas un regard critique, et qu’expriment avec force tous ces personnages très affairés et souriants. Finalement, ils sont humains, très humains ces Taillandier-landais(es).

A 91 ans, Yvon Taillandier est considéré comme le père de la « figuration libre » incarnée par de nombreux artistes, notamment Robert Combas, Keith Harring , Jean Michel Basquiat, Hervé Di Rosa ,…

Laurent CHABAS






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